
Réalisateur : KECHICHE Abdellatif
Scénario : Abdellatif KECHICHE
Pays : France
Date : 2007
Genre : comédie dramatique
Durée : 151mn
couleur
Interprètes : BOUFARES Habib, HERZI Hafsia, BENKHETACHE Farida, AKTOUCHE Abdelhamid, MARZOUK Bouraouïa, HOURI Alice, LOCHET Bruno
Résumé
Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée,
se traîne sur le chantier naval du port dans un emploi devenu pénible
au fil des années. Père de famille divorcé, s’attachant à rester proche
des siens, malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que
l’on sent prêtes à se raviver, et que les difficultés financières ne
font qu’exacerber, il traverse une période délicate de sa vie où tout
semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d’inutilité. Une
impression d’échec qui lui pèse depuis quelque temps, et dont il ne
songe qu’à sortir en créant sa propre affaire : un restaurant.
Opinion
J'ai eu un véritable coup de coeur pour ce film. Certains le trouveront
trop long, trop réaliste et ils se sentiront peut-être "voyeurs". C'est vrai que ce film est réaliste, le réalisateur filme en durée réelle certaines scènes, les dialogues sont ceux de la vie de tout les jours et peuvent donc paraître parfois sans intérêt. On est le dernier convive invité, invisible, qui écoute et regarde vivre et se battre deux familles. J'ai aimé la façon de jouer (ou de ne pas jouer) ; j'ai été admirative et bouleversée devant cette femme qui hurle son désespoir face à son beau-père. Subjuguée aussi par cette danse interminable dans laquelle se lance une jeune femme tandis que son "beau-père" court, trottine, pour récupérer sa mobilette "empruntée" par des enfants. Certains comparent ce réalisateur à Maurice Pialat et je crois qu'ils n'ont pas tout à fait tort alors c'est simple, si vous aimés Pialat, regardez ce film sinon passez votre chemin.
paroles du cinéaste :
"Je suis parti d'un pur
fantasme populaire, le genre d'histoires que l'on aime à raconter dans
les cités, le mythe de ceux qui " s'en sont sortis ", autrement dit,
qui ont échappé à l'esclavage moderne que représente une situation
professionnelle précaire, en créant leur propre affaire ; pour le
traiter avec une certaine ironie et la capacité à débrider le récit que
permet le choix narratif du conte. Il s'agit donc d'un récit
d'aventure, où la dimension humaine des personnages, même lorsqu'ils
sont pris dans un groupe, ou une action forte, comme c'est le cas dans
la précipitation dramatique de la seconde partie, tend à constituer le
motif central. Et tout en m'astreignant à concentrer et à maintenir
l'intérêt autour de cette action principale, à laquelle je tiens pour
sa forte dimension euphorique et symbolique à la fois, il était
important pour moi de laisser, paradoxalement, libre cours aux
digressions qui pouvaient venir s'enchevêtrer dans le récit, comme
autant d'escapades justifiées par le simple plaisir contemplatif des
événements de la vie quotidienne de ce feuilleton familial.'"