posté le 17/04/09

La graine et le mulet

 

 

 

Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée, se traîne sur le chantier naval du port dans un emploi devenu pénible au fil des années. Père de famille divorcé, s’attachant à rester proche des siens, malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que l’on sent prêtes à se raviver, et que les difficultés financières ne font qu’exacerber, il traverse une période délicate de sa vie où tout semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d’inutilité. Une impression d’échec qui lui pèse depuis quelque temps, et dont il ne songe qu’à sortir en créant sa propre affaire : un restaurant.

  

 

Fiche technique

 

 

Réalisateur : Abdellatif KECHICHE

Scénario : Abdellatif KECHICHE

Pays : France

Date : 2007

Genre : comédie dramatique

Durée : 151mn

couleur

Interprètes : Habib BOUFARES, Hafsia HERZI, Farida BENKHETACHE, Abdelhamid AKTOUCHE, Bouraouïa MARZOUK, Alice HOURI, Bruno LOCHET

       

 

Opinion

 

     

J'ai eu un véritable coup de coeur pour ce film. Certains le trouveront trop long, trop réaliste et ils se sentiront peut-être "voyeurs". C'est vrai que ce film est réaliste, le réalisateur filme en durée réelle certaines scènes, les dialogues sont ceux de la vie de tout les jours et peuvent donc paraître parfois sans intérêt. On est le dernier convive invité, invisible, qui écoute et regarde vivre et se battre  deux familles. J'ai aimé la façon de jouer (ou de ne pas jouer) ;  j'ai été admirative et bouleversée devant cette femme qui hurle son désespoir face à son beau-père. Subjuguée aussi par cette danse interminable dans laquelle se lance une jeune femme tandis que son "beau-père" court, trottine, pour récupérer sa mobilette "empruntée" par des enfants. Certains comparent ce réalisateur à Maurice Pialat et je crois qu'ils n'ont pas tout à fait tort alors c'est simple, si vous aimés Pialat, regardez ce film sinon passez votre chemin.
 
paroles du cinéaste :
 
"Je suis parti d'un pur fantasme populaire, le genre d'histoires que l'on aime à raconter dans les cités, le mythe de ceux qui " s'en sont sortis ", autrement dit, qui ont échappé à l'esclavage moderne que représente une situation professionnelle précaire, en créant leur propre affaire ; pour le traiter avec une certaine ironie et la capacité à débrider le récit que permet le choix narratif du conte. Il s'agit donc d'un récit d'aventure, où la dimension humaine des personnages, même lorsqu'ils sont pris dans un groupe, ou une action forte, comme c'est le cas dans la précipitation dramatique de la seconde partie, tend à constituer le motif central. Et tout en m'astreignant à concentrer et à maintenir l'intérêt autour de cette action principale, à laquelle je tiens pour sa forte dimension euphorique et symbolique à la fois, il était important pour moi de laisser, paradoxalement, libre cours aux digressions qui pouvaient venir s'enchevêtrer dans le récit, comme autant d'escapades justifiées par le simple plaisir contemplatif des événements de la vie quotidienne de ce feuilleton familial.'"
 
 
 

 

   

 

 

   

    
 


 
 
 
 

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